Marie et Gildas habitent la Lorraine depuis peu, en cherchant sur le net une idée de balade dans une région qu’ils connaissent encore mal, ils tombent par hasard sur une page de notre site. Marie raconte cette journée pas comme les autres…
« Comment 10 félés ont parcouru 100 km à VTT à coups de « vous inquiétez pas, à partir de maintenant, c’est que des bons chemins ! » et comment ils sont sortis vivants de la forêt de la Reine infestée de moustiques…
Dimanche 22 juin, Saizerais, 8h du matin, point de départ habituel. Thierry, Bruno, Eric, Ben’, Laurence, Jean-Paul, Marie-Noëlle et Christophe, gildas et moi-même se retrouvent et partent pour 100 km en VTT à travers la région.
Vue d’’en haut, ça donne : un peloton de tête (Thierry, Bruno, Eric et Christophe, imbattables ! Un p’tit coup d’accélérateur et hop on les voit plus. Des gaillards !), deux électrons libres jamais loin derrière (Laurence, robuste, surtout dans les côtes ! et Gildas, qui se défend bien pour une première sortie longue), Jean-Paul et Marie Noëlle qui partent à leur rythme… et qui arrivent à leur rythme (en se tirant un peu la bourre !)… indéréglables ; Ben’ qui s’accroche ; et moi qui cavale la première moitié du chemin, et qui tire la langue la seconde, loin derrière Jean-Paul et Marie No !
Et puis un énergumène, à nouveau Christophe, qu’on avait vu dans le peloton de tête et qui remonte maintenant à toute allure jusqu’au peloton de queue et qui repart à nouveau vers le peloton de tête (histoire de grimper deux fois les côtes !) et ainsi de suite inlassablement pendant tout le parcours qu’il a fait en notre compagnie, soit le double de km !
La première partie du parcours se déroule sans entrave, nous sommes frais, il fait beau, la région dévoile ses charmes et ses plaines. Nous partons au Nord, nous traversons la vallée de L’Esch, suivons grosso modo le GR de pays qui relie Nancy à Metz, nous surplombons Pont à Mousson, apercevons l’abbaye des Prémontrés et les cheminées de la fonderie. Nous entrons dans de beaux villages lorrains, calmes, qui laissent découvrir quelques vielles pierres, lavoirs… Les haltes pour boire et remplir les gourdes se font à la fontaine du village… ou au cimetière, quand il n’y a pas de fontaine.
Quelques belles côtes tout de même, franchies avec les encouragements de Thierry « là, c’est vraiment la plus dure, après il n’y en a plus des comme ça, celle-là c’était vraiment la plus costaud » répétés à chaque grimpette !
Midi arrive, les 45 premiers km sont franchis. Pique Nique mérité sous quelques gouttes rafraichissantes à Bouillonville, entre Jaulny et Thiaucourt. Nous tirons donc vers l’Ouest. Objectifs : le Lac de la Madine, la forêt de la Reine.
C’est là que la rigolade commence…. Déjà, il faut savoir une chose, à Oxygène, on est des VTTistes ! On ne prend pas les routes goudronnées. Et quand y’a pas de chemin, et ben on s’en fraie un !!! Champs de blé, d’orge et de colza… on passe. Mollets griffés et rougis, roues et dérailleurs envahis d’épis. On passe !
On arrive au Lac de la Madine : halte salvatrice, le plat du chemin qui l’entoure repose nos jambes et nos corps. Pas besoin d’appuyer, ça va tout seul. Un vrai bonheur ! On voudrait que ça dure…
Mais pas question, nous voilà repartis. A l’arrivée à la forêt de la Reine, pause « culture » : un peu d’histoire et de géographie pour bien comprendre les lieux que nous allons traverser. Thierry nous prévient : « dans cette forêt ne passe jamais personne, il n’y a que des moustiques, pas une âme ne s’y aventure… Alors, on sera vraiment tranquilles »…
A oui, tranquilles… Avec des hordes de taons et de moustiques qui vous assaillent et vous dévorent. Et là, vous pouvez y aller, vous pouvez pédaler tout ce que vous voulez (Quelle mouche l’a piqué ? c’est le cas de le dire) ils volent aussi vite que vous et ne vous lâchent pas…
Et Thierry qui hésitait et cherchait la bonne piste pour nous rendre vers la sortie… Bagarre avec les moustiques, inquiétude quand à notre sort (une nuit ici, ça vous dit ?) quand tout à coup, le clou du spectacle : deux hollandais… qui relient Amsterdam à Barcelone… en vélo ! Rencontre insolite !
Dernière épreuve après la forêt et avant l’arrivée à bon port (à ce moment, nous en sommes grosso modo à 75 – 80 km) : le terrain de moto cross ! « Vous allez voir, c’est super rigolo » nous dit notre accompagnateur. Et c’est vrai que c’est plutôt sympa en VTT de crapahuter sur des dos ânes en terre rouge abrupts.
Sauf que le dos d’âne se transforme à un moment donné en… ligne verticale. Tout simplement. Donc là, vous descendez de vélo, vous grimpez à quatre pattes, en vous agrippant comme vous pouvez de votre seule main libre (l’autre tenant le vélo qu’il faut faire monter aussi), le terrain est glissant, vous hissez votre vélo tenu par l’autre main, en jouant autant que faire se peut avec le frein pour que le vélo ne redescende pas… Donc pour récapituler vous devez escalader une pente raide tout en faisant monter votre vélo et le tout sans appuis… Les garçons ont prêté main forte et nous avons fini par créer une chaîne de traction.
Après le terrain de cross, le plus dur était derrière, trois petites côtes et une longue et délicieuse descente pour nous rapprocher du point d’arrivée. Et imaginez le bonheur lorsque vous apercevez le clocher de Saizerais, et que là, après 108 km au compteur, les bras asphyxiés par les vibrations, le dos cassé pour certains, la fatigue générale pour tous, vous pouvez dire « ça y est, je l’ai fait, j’ai parcouru 100 km à VTT ! »
{Marie}
L’itinéraire en image :
- La rando des Cent et des Mille - 30 juin 2008